Interviews

interview : Guillaume Hamel, club croisière

 

13 novembre 2008


Guillaume HAMEL, chargé de mission du club croisières Cherbourg


Comment vous êtes-vous intéressé au monde de la croisière et de la mer en général ?

Je m'y suis intéressé par mes études en premier lieu (droit maritime). Ensuite, par mon métier (agent maritime) puis par une spécilaisation en Guadeloupe sur la croisière. Plus tard, j'ai eu l'opportunité de retourner en Normandie pour développer ma région


Comment avez-vous choisi ce métier ?

Je crois qu'on ne choisit par vraiment un métier, mais qu'une suite d'expérience conduisent à la réalisation d'une aspiration.


Comment décririez-vous ce métier aujourd'hui ? Est-il comme vous l'imaginiez ?

Le challenge est énorme et le possibilités de développement dans mon métier sont importantes, mais je regrette parfois le manque de moyens disponibles...


Comment fut votre première visite à bord d'un paquebot ?

Ce fut en 2004  à bord du QM2 lorsque j'étais en charge du fret. j'ai eu le loisir de visiter le navire de fond en comble sans guide et seul à bord.


Quel est votre meilleur souvenir de travail (salon, escale...) ?

Les salons Seatrade de Miami restent un moment tres fort...


Que représente Cherbourg pour vous ?

C'est un port en développement avec un gros potentiel pour la croisière pour peu que l'on vise le bon marché et que l'on se donne les moyens notamment financiers d'y arriver.


interview : Olav Sovdsnes, capitaine

 

samedi 25 octobre 2008


Olav SOVDSNES, capitaine du Black Watch


Quand êtes-vous devenu capitaine ?

 

J’ai commencé en 1973, sur un cargo. J’étais jeune ! Ma première visite à bord a été merveilleuse.

Mon premier paquebot, c’était en 1981.

 
Est-ce une passion ?

 

Naturellement, même plus : c’est une histoire d’amour ! Mon navire est très important pour moi, c’est un peu comme un animal de compagnie.

 
Avez-vous été capitaine sur d’autres navires ?

 

Bien sûr, de nombreux, et aussi chez d’autres compagnies que Fred Olsen. J’ai commencé les paquebots en 1981 chez Royal Viking Line, sur le Royal Viking Star : c’est là que j’ai connu le Black Watch. De 1986 à 1988, j’étais chez Norvegian cruise line, et, de 1988 à 2003 chez Royal Carribean cruise line. J’ai intégré Fred Olsen en 2004.


Comment décririez-vous votre travail aujourd’hui ? Est-il comme vous l’imaginiez ?

 

Non, ça n’a plus rien à voir. Aujourd’hui, c’est plus administratif : on doit contrôler les relations dans le navire, c’est un travail essentiellement de réflexion, contrairement à avant. Les paquebots sont une grande ville, la tâche est très importante, et vous ne pouvez l’assumer seul : c’est un travail d’équipe. On veille cependant en permanence : on est tout le temps concentré.

Nous sommes en permanence en contact avec les passagers. On surveille l’atmosphère, le capitaine doit être en permanence attentif à cela. Notre travail est à temps plein, il se partage entre la navigation et celui d’un directeur d’hôtel.

Malgré cela, je ne me stresse pas : on s’habitue à la responsabilité. Être capitaine, c’est avant tout passionnant.

 

Qu’adorez-vous dans l’aspect voyages ?

 

Absolument tout. Les villes, les ports, les pays… J’en ai vu énormément, mais je les aime tous, et j’adore aller à terre, je descend dès que j’ai deux minutes, mais parfois le temps manque ; pendant l’escale on remet tout propre, tout très bien et très beau.

 

Une dernière question, plus personnelle : votre opinion sur Cherbourg

 

J’adore cette ville, et le port : le terminal est magnifique, et très pratique : c’est très important.


 
Interview : Pierre GEHANNE, directeur d'un armement


jeudi 20 août 2009

 

 Pierre GEHANNE, directeur général de Louis Dreyfus Armateurs

Comment avez-vous choisi ce métier?

En fait, même si né à Cherbourg j'étais bien évidemment attiré par la mer, j'ai choisi ce métier tout à fait par hasard.
Il se trouve qu'alors que j'étais élève de seconde au lycée Victor Grignard, et notre professeur d'allemand, M. Untereiner, nous avait invités à devenir membre de la Ligue Maritime et d'Outre-Mer (LMO). A ce titre j'ai eu la chance de me voir décerner un prix en fin d'année scolaire et cette récompense était un embarquement de pilotin sur un pétrolier de la compagnie Esso. Ma deuxième chance, celle qui a probablement décidé de ma carrière, a été de rencontrer à bord de ce pétrolier (l'Esso Parentis) un homme exceptionnel, le Cdt Dupin, qui au lieu de me faire "piquer la rouille" m'a appris l'art de la navigation.
J'ai donc opté pour le métier d'officier de la Marine Marchande chez Louis Dreyfus, et après deux ou trois ans de navigation, la société LD m'a demandé de venir à terre dans les bureaux de la compagnie, ce qui me convenait parfaitement

Comment décririez-vous ce métier aujourd'hui? Est-il comme vous l'imaginiez?

Il est bien évident que le métier d'officier de la Marine Marchande a beaucoup évolué et pas nécessairement dans le mauvais sens. Les temps d'embarquement ont beaucoup diminué et les congés ont beaucoup augmenté! Les aides électroniques à la navigation ont aussi beaucoup contribué à la sécurité.  Les progrès techniques ont été considérables également. Quand je vois le Queen Mary 2 quitter le Quai de France et le port de Cherbourg sans l'aide de remorqueurs je trouve cela assez fascinant... Cela étant je crois que l'avenir des officiers de la Marine marchande française se situe davantage dans les navires de haute technicité (navires câbliers, navires de recherche sismique par exemple) que dans le transport de vrac où les charges induites par un équipage français sont beaucoup trop élevées.
mais je ne suis certainement pas le mieux placé pour parler du métier de navigant car je ne le pratique plus depuis bien longtemps...
Quant à celui de diriger un groupe maritime je pense qu'il a beaucoup évolué lui aussi, vers davantage de contraintes réglementaires ou autres, mais l'essentiel reste le même. Il faut gérer des hommes et assurer l'avenir d'une entreprise et c'est souvent très lourd à vivre au quotidien...

Quel est votre meilleur souvenir de travail (baptême de navire, ouverture de ligne...)?

J'ai beaucoup de bons souvenir (probablement parce que l'on a toujours un peu tendance à occulter les mauvais...). Mon dernier bon souvenir de travail a été à Boulogne, quand nous avons rouvert un service de Ferry vers la Grande Bretagne, quand jai vu une grande partie du personnel de la CCI et du port qui étaient sur le quai avec une banderole de bienvenue. Il était 07h00 du matin et il faisait très froid mais ils avaient souhaité être là.
Sur un plan plus personnel, c'était le 23 juillet dernier quand j'ai eu la chance de quitter Cherbourg avec le QM2. Voir tous ces cherbourgeois qui étaient sur le quai pour nous dire au revoir, tous ces petits bateaux qui nous accompagnaient dans la rade et le remorqueur qui nous saluait avec ses lances à incendie, tout cela était très très émouvant...

Comment percevez-vous le port de Cherbourg ?

Comme un bel outil qui a été et qui est toujours sous exploité!

Le port de Cherbourg est malheureusement en train de mourir doucement et le renforcement programmé de l'axe portuaire Paris Rouen Le Havre ne va certainement aider au développement du port!
Certains trafics ont disparu, probablement pour très longtemps (je pense aux voitures notamment), d'autres ont beaucoup diminué et vont probablement continuer à se réduire (je pense au trafic transmanche).
Au fur et à mesure de la diminution de l'activité on verra certains savoir faire (agent maritime, etc...) et certains métiers (lamaneur, pilotes, remorqueurs) disparaître et ensuite ce sont les paquebots qui cesseront de venir à Cherbourg....
Le projet de terminal charbonnier est un bon projet, très sérieux, qui correspond à une réelle demande. Il est parfaitement maîtrisé sur le plan de la protection de l'environnement.
J'espère qu'il sera mené à bien car c'est probablement une des dernières chances du port de Cherbourg.
Mais en disant cela je me dis que l'on va encore m'accuser de faire du chantage à l'emploi!! D'ailleurs ceux qui portent ce genre d'accusation sont souvent retraités ou fonctionnaires...